L’éducation : un pilier social

Illustration par Emile Parent

08 avril 2021 Majdi Hunter-Batal

Se lever le matin avec un sentiment d’éveil, malgré la nuit trop courte et le trajet trop long qui s’annonce. Rencontrer un ami sur la piste cyclable, dans le bus, dans le métro. Courir cinq étages, trois marches à la fois. Saluer en disant : « pas le temps, je suis en retard ! ». S’installer à côté de ton camarade qui enlève son sac du bureau à côté en te voyant arriver. 

Dans un cours de bio, te retourner pour demander à une camarade de t’expliquer la synthèse de l’ADN. Remarquer la passion dans les yeux de ta prof de lettres alors qu’elle décrit le jeu de regard des personnages. Se perdre dans les récits du prof d’histoire, oublier de prendre des notes et emprunter celles du voisin pour recopier. 

Finaliser un projet d’équipe : l’un écrit le dernier paragraphe, l’autre s’assure qu’il n’y a pas de fautes et le dernier garde un œil sur l’horloge pour ne pas manquer la remise. Se faire rappeler par des amis stressés que l’examen de mi- session est demain. 

Occuper ta pause de quatre heures avec un peu de travail et beaucoup de rigolades, ou l’inverse. Demander aux personnes qui passent : « Tu vas à la manif ? », « T’as compris le projet, toi ? », « Tu penses qu’on pourra s’en sortir ? » et « T’as vu ? Ils étaient collés durant tout le cours. » 

Rentrer en marchant avec ton ami, se demandant qui a eu l’idée de faire un cours de trois heures sans pause. Avoir le joyeux sentiment d’épuisement physique et mental après une longue journée qui promet une bonne nuit de sommeil. 

Pour les élèves du CÉGEP, tout cela n’est qu’un souvenir éloigné et pour les nouveaux étudiants, c’est un mirage. 

Aujourd’hui, ce n’est plus pareil. On ne se réveille jamais complètement. On est trop confortable. On écoute. On subit. On déprime.

On pense à notre posture devant l’ordinateur, à notre temps d’écran trop grand. Quand on travaille en équipe, on ne se comprend pas. Malgré leurs efforts valeureux, les enseignants nous inspirent peu.

Tous les éléments liés de près ou de loin à l’expérience collégiale peuvent sembler superflus. Ils sont, au contraire, très formateurs. En présence, on apprend à communiquer, à bouger, à s’entraider, mais surtout on apprend à aimer ce qu’on fait. 

L’histoire nous a montré que l’éducation n’est pas un luxe, un passe-temps ou une commodité. Elle est un pilier social qu’il ne faut pas laisser s’écrouler. Repenser l’enseignement dans des conditions aussi difficiles peut sembler très compliqué. Cependant, l’avenir de notre société repose sur l’éducation d’aujourd’hui. Les étudiants actuels seront les fonctionnaires, les politiciens, les médecins, les enseignants et les agriculteurs de demain. Ils devront affronter les grands problèmes qui nous guettent, avec créativité et dynamisme. 

Même dans le contexte actuel, nous pouvons travailler de concert pour redonner vie à l’éducation. Les étudiants le méritent et la société de demain en a besoin.

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