Touche pas, touche

Illustration par Emile Parent

06 mai 2021 — Béatrice Marissal

Touche, ne touche pas la moelle épinière de nos désirs. Quand tu zieutes mes doigts qui jouent à saute-moutons sur tes côtes, je tente d’avaler tes mots chihuliens, volant comme du pollen. Tu craches de grands cerceaux de fumées éoliennes. Je renifle tes lèvres posées sur ton menton telles des cygnes glissant sur un étang aux teintes pamplemousse. Quand je passe mes mains dans le rugueux d’un jazz de lune, je sais avoir atteint la vésicule solaire d’un bonheur frais et goûteux. Je me plonge dans l’iris pourpre de tes seins et hume l’encens vaporeux de ton nacré, ton bleu de Prusse, ton orangé, ton émeraude émanant  de sous tes cils. Je te magnifie. Je te dévore. Tu es Chagall  sous son plus beau jour, je suis chacal dans la nuit. Touché coulé, ma hanche échappe un rire tonitruant qui sent bon le patchouli . Alors seulement, j’embrasse la nuit fauve que voilà, jaillissant en fleur de ton nombril. Alors seulement, je touche à un quartier d’orange du paradis. Alors seulement, je te vois danser en transe ; je me balance dans l’effervescence du cachemire de ta peau. J’ai le droit, ce soir, à un repas, infini service de frissons exhumés.

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