Lettre à une personne dépassée par l’état du monde, mais qui n’ose pas s’engager

Illustration par Élyse Zadigue-Dubé

10 juin 2021 — Florence Hétu

Salut toi, 

Laisse-moi commencer par te dire que je te comprends. Moi aussi, quand je lis les nouvelles, il m’arrive d’avoir peur. Après tout, pourrions-nous nous dire, il y a tant de raisons de s’inquiéter. Quand on ne parle pas de la montée des extrémismes et de toutes les violations des droits humains qui en découlent, c’est le rapport du GIEC qui fait les manchettes, annonçant une catastrophe climatique sans précédant. On dirait qu’une épée de Damoclès oscille dangereusement au-dessus de nos têtes, sa corde s’affinant petit à petit. Ainsi, si l’on n’y fait pas attention, il est facile d’être submergé.e.s sous ces vagues de négativité qui viennent déferler sur notre quotidien. Peut-être, plus jeune, tu rêvais de changer le monde, mais ces temps-ci tu préfères ne rien faire, comme paralysé.e par l’ampleur des combats à mener pour améliorer l’état de nos sociétés et épris.e par tes obligations de tous les jours. Pourtant, il est possible que le changement tant espéré soutienne ton regard quand tu t’observes dans le miroir: il est en toi, il est en nous tous et toutes, il s’agit de trouver le courage ainsi que la volonté de le mettre au grand jour. 

Tout cela semble beaucoup plus facile à dire (ou à écrire) qu’à faire, c’est vrai. Je ne prétends pas avoir trouvé de solution miracle, mais sache que la peur prend plusieurs formes et que la paralysie n’est qu’une d’entre elles. Il existe des moyens de transformer nos inquiétudes en engagements, sans nécessairement devenir Greta Thunberg ou Malala Yousafzai. Trouver le temps de s’impliquer dans un comité, une association pour une cause qui te tient à cœur peut faire toute la différence, tout comme s’informer et sensibiliser les gens autour de toi. Oui, tu n’es qu’une seule personne et oui, tu peux sentir que tu n’as pas d’impact, mais si tout le monde se disait cela, peu de causes auraient évolué, n’est-ce pas? Sois à la recherche et à l’écoute des victoires, petites ou grandes, elles sont toujours sources infinies de motivation.

J’étais un peu comme toi avant, tu sais. Et, quoique je pourrais toujours en faire plus, que nous pourrions tous et toutes en faire plus, je suis fière du chemin que j’ai parcouru jusqu’à présent. 

Une personne seule ne peut vraisemblablement pas changer le monde, mais si chaque personne donne un peu du sien, il est possible d’accomplir de grandes choses.

Alors, qu’attends-tu? 

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